Le
post précédent a été mis en ligne lors de notre escale à Olympie
sans avoir eu le temps de parler de la légendaire Cité.
Si
nous faisons abstraction du village de commerces opportunistes en
tout genre qui s'est bien sûr créé aux abords, le célèbre
site, plutôt zen, s'est gardé d'exploiter tout pouvoir attractif
trop tapageur qu'il représente pour l'humanité. Il faut faire un
réél effort d'immagination pour y reconstituer le pourquoi et le
comment de la naissance de l'Olympisme il y a plus de 2500 ans au
travers ces ruines et comme souvent dans le pays, c'est plutôt en
"service minimum" que l'on y reçoit le monde entier entre
les cailloux.
Sans
doute choisissons nous des itinéraires peu courants pour découvrir
le pays mais nous avons souvent l'impression que personne ne passe
plus par là depuis longtemps tant la maintenance semble avoir
disparue des préoccupations locales.
Les
compressions budgetaires sont sans doute l'explication à ces routes
de montagne qui se ressèrent par la végétation, les éboulements
de terrain, la signalisation approximative ? On peut se demander ce
qu'il restera de ce réseau routier magnifique en montagne après ces
difficiles années de recession.
En
tout cas, ça passe encore pour notre plus grand plaisir et pour
découvrir des sites comme ce temple d'Apollon à plus de 1000m
d'altitude où des travaux titanesques ont été entrepris il y a
plus de 20 ans pour tenter de remédier à l'instabilité de la
structure soumise aux contraintes des intempéries, du gel et des
effets sismiques depuis 24 siecles !
Un
pont roulant a été installé 25 m au dessus du monument pour
permettre le démontage de chaque pierre de plusieurs tonnes :
tympans, architraves, corniches, souvent éclatées en morceau et
préalablement sanglées dans tous les sens, puis celles des
chapiteaux et fûts de colonne, celles du socle pour atteindre enfin
les fondations dont l'instabilité fait verser dangereusement la
structure. Le chantier est protégé sous un chapiteau impressionnant
depuis plus de 20 ans. Hélas, le pays a d'autres urgences depuis
quelques années et aujourd'hui, sans financement, tout est figé
sous ce cocon depuis des années en attente de jours meilleurs.

Bien
d'autres sites antiques reposent actuellement sous l'envahissement du
couvert végétal comme aux abords de la rivière Néda, privant la
région d'éventuelles retombées du tourisme. Mais d'une manière
générale, très peu de monde partout à cette période, encore
moins sans doute dans ces sites peu facile d'accès que nous allons
dénicher plus pour l'intérêt des paysages que l'on traverse que
pour ces vieilles pierres oubliées de tous
L'Ancienne
Messene s'étend sur plusieurs km tout au long d' une belle vallée
arborée, oliviers, cyprès, arbres de Judée. Impossible de ne pas
découvrir ses murailles de 9 km de long qui nous rappellent la
précision des constructions incas. Par la suite l'occupation romaine
a bricolé un peu tout ça pour rendre plus festif et plus saignant
ces lieux d'art et de rafinement.
De
face ou de dos... tous de marbre !
et
hors d'âge ...
Les
explications historiques sont souvent très succinctes. Avec nos
lectures de guide nous tentons de déchiffrer tant bien que mal les
différentes périodes d'occupation et de prospérité grecque,
romaine, ottomane, française... Aujourd'hui on va dire que l'Europe
y brille d'une autre façon et moins fastueuse sans doute...
La
montagne est vraiment belle mais les orages sont quotidiens, alors
nous regagnons le bord de mer plus sec, un peu à la recherche de
meilleures températures.
Nous
les trouvons du côté de Pylos et la belle rade de Navarin nous
offre de splendides balades. En 1827, cette baie a été le théatre
d'une des plus formidables batailles (improvisée !) de la guerre
d'indépendance pour la libération de la Grèce au cours d'un
"déplorable malentendu" entre les ottomans et la coalition
franco-anglo-russe. 82 navires et 6000 hommes y périrent...
Plouf !
Même
plus proche l'histoire est toujours faite et défaite de la même
façon
Moi
je rêve à nouveau de bateau...
pendant un break de 2 jours, pieds
dans l'eau, déjeuner de tapas locales et blanc frappé, soleil, mer
bleue et longues marches. C'est pourtant dimanche et toujours presque
seuls au monde