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dimanche 21 août 2016

Épilogue


Le 18 août au matin nous avons confié notre véhicule à la compagnie Sea Bridge au port de Halifax pour son transport de retour vers la Belgique.




Le cargo porte container/ro.ro Atlantic Sail doit appareiller le 22 août pour Anvers où il arrivera le 01 septembre. Moi pour ma part je prends un avion le soir même pour Paris via Montréal.




Après les préparatifs d'un voyage, s'en suit la plus ou moins longue période d'errance qui l'étire dans le temps et dans l'espace. De découvertes en rencontres, de beaux en sordides, jamais dans l’indifférence.
Puis vient le temps du retour. Savoir revenir...ce qui différencie le voyageur du nomade dans son errance perpétuelle.
Nous y sommes aujourd'hui en refermant la boucle de plus de 100 000 km sur ces 3 années américaines, fier du projet accompli, riche d'une multitude de découvertes et d'apprentissages.
Le retour est encore le voyage. Nos acquis se lisent aussi dans le regard ou les réactions des autres suivant ce que l'on en fait, ce que l'on en dit .
De toute façon, au fond de soi, rien n'est plus tout à fait pareil et il faut composer encore pour partager le retour au sédentaire, essayer de trouver dans un quotidien subitement moins changeant, l'envie moins spontanée d'avancer humblement dans l'action, la différence.
Nous avons entretenu ce blog aussi pour vivre le retour. Conserver la relation, le partage des nouvelles de ceux qui restent (pour cette fois) et qui nous sont chers. 
Vous êtes quelques uns à l'avoir ouvert régulièrement quand vous le souhaitiez, où que vous soyez, si vos pensées du moment venaient à nous survoler aux antipodes.
Vous êtes bien peu à y avoir apporté votre grain de sel...Dommage qu'il ne vous ait suggérer plus de commentaires ou quelques lignes privées.

Nous avons pris beaucoup de plaisir à raconter et partager, merci de vos visites 



jeudi 11 août 2016

Les Maritimes

11/08/2016

Ce sont des retrouvailles toutes en douceur avec l'Atlantique particulièrement calme à cette saison. Ici ce n'est plus tout à fait le Bois et c'est déjà l'Océan.


Les estuaires et les découpes des basses côtes créent sans arrêt cette complicité entre deux univers. Le continent, dans son littoral qui hésite à finir avec ses bois, ses pelouses et ses marécages et l'océan qui insiste au rythme des marées pour reprendre l’estran de ses vasières, ses plages et rivages. Les entrées maritimes sont profondes dans la lande, deux fois par jour revient le compromis entre ces 2 mondes dans de grandes amplitudes.





La Baie du Saint Laurent connaît les plus grands marnages au monde comme dans la Baie de Fundy qui sépare le New Brinswick de la Nlle Ecosse.
La Terre acadienne est en effervescence au mois d'août, villages, maisons et commerces se pavoisent de tricolore et de l'Etoile.




Ici on arbore avec fierté son appartenance. Faut dire qu'on peut avoir de quoi être fier; au bivouac d'hier, dans un québecois savoureux, un chasseur d'orignal (que la femme a envoyé cueillir des myrtilles en attendant octobre) nous disait combien les richesses naturelles abondent ici :T'as tout pour rien !T'as qu'a ramasser !
La terre généreuse produit ses richesses à l'état naturel, la forêt regorge d'animaux...(et de chasseurs...bien sûr)
Les bateaux des pêcheries travaillent dans une organisation très américaine avec un armement incroyable : caseyeur, ceneur, chalutier, ligneurs se concentrent dans de nombreux petits ports modernes.





Chaque village revendique être «La» capitale du homard. Voilà, c'est annoncé pour demain : départ officiel des bateaux à 4h pour la pose de leur 300 casiers chacun.
Les migrants du 19e ne s'y sont pas trompés en mettant leur savoir faire et leur courage au service de ces provinces avant que les résultats de leur réussite économique avivent la convoitise des britanniques et les souffrances qui ont soudé les acadiens. Pas de conquête sanglantes au Canada, le troc semble avoir été l'arme absolue pour apprendre tout du Grand Nord par les indiens.
Pays des lumières ?



Au mois d'août, l'été et son festival acadien met en scène des comédiens plus ou moins talentueux pour faire revivre l’autarcie rurale des courageuses familles qui vinrent peupler l'Acadie, comme au village historique de Caraquet

maison acadienne

l'art du bardeau



ou au Pays de la Sagouine quand la gouaille des gens du peuple de l' Île aux Puces nous raconte les moments difficiles du 20e siècle.





Saluons Antonine Maillet (Pélagie la Charrette, Goncourt 70) qui à 86 ans en est toujours la mémoire vivante en y créant les succulents propos des comédiens plus vrais que nature.
Et puis voilà la Nouvelle Écosse, le dernier état de notre voyage que nous sillonnons jusqu'au Cap Breton.


Ambiance très british, jolis cottages avec vue sur mer, passe temps favori : le gazon impeccable qui les entoure.
Ici le temps semble suspendu dans la douceur du paysage.