mercredi 8 mai 2019

Croatie Dalmatie



8/5/19

Pour rompre la monotonie de la magnifique route en corniche, coincée entre mer et montagne sur plusieurs centaines de km, nous prenons un ferry pour l'île de Rab.

Option peu judicieuse. Si le tour de l'île n'offre pas beaucoup d'intérêt, la petite ville de Rab entièrement restaurée, sur sa côte ouest, semble "au taquet" à l'entrée de la saison estivale.



Les côtes ouest des îles sont parfois habitées et verdoyantes mais l'Est, sous le vent, reste aride et désertique.


Un autre superbe bivouac "pied dans l'eau"



et nous retrouvons la route de la corniche qui nous amène à Zadar en pleine effervescence pour le départ des Wings for Life World Run .



(Dans le monde entier, et dans le même temps, des milliers de runner participent ainsi, par leur effort, au financement de la recherche médicale.)
Ville historique, dynamique et culturelle, nous y flânons parmi une jeunesse cosmopolite jusqu'à l'extrémité de la péninsule, au rendez vous de l'Orgue marin et du Salut au soleil. Ces 2 créations originales mêlent urbanisme et art contemporain. Le résultat combine musique du ressac de la mer et effets physiques de l'énergie solaire. Surprenant !




Au terme de cette agréable balade urbaine, dans une ville qu'on ne peut pas oublier, la pluie revient.



Mais les averses devant marquer une pose demain, nous filons en fin d'après midi vers le PN de la rivière Krka.
Beaucoup des villages traversés gardent encore les blessures de la guerre des années 90, maisons en ruine d'autres en reconstruction inachevée.
Balade au "Monde de l'Eau" cette fois dans ce parc national très organisé autour d'un autre aspect des phénomènes karstiques où depuis des millénaires, la rivière creuse de profonds canyons en charriant du carbonate de calcium entre ses lacs. L’encroûtement des couches végétales par le calcium, produit des bassins et des cascades successives très spectaculaires dans un cadre de nature exubérante.




Ces longues dénivellations ont permis aux artisans du XVIII d'y installer leurs ateliers en utilisant l'énergie hydraulique.(moulin, forge, laverie, filature...)




Plus tard, une des premières centrales hydroélectriques au monde a ouvert ici 2 jours avant celle de Niagara


En attendant d'embarquer demain vers les chutes,



un cadre de bivouac surprenant en pleine forêt nous est offert à Skardine en surplomb d'une marina, à 75 km de la mer ! Yachts et voiliers que nous ne voyons pas sur le littoral, s'abritent ici à l'entrée des canyons



Un grand détour dans cet immense maquis de l'intérieur du pays, nous ramène sur la côte dans la baie de Split.


Pour nous mettre en condition à sa visite, le soir nous l'observons à distance sur la rive opposée. Le matin, immersion touristique à Trogir plein de charme.





Si l'environnement a peu d'intérêt, la vieille ville médiévale vénitienne est un trésor. Hélas son envahissement par les croisiéristes, et tout ce qu'il génère de commerces, est juste fait pour nous mettre en condition. A Split,des milliers de touristes se pressent dans la vieille cité. Des dizaines de bus, mais surtout 2 paquebots au port ont déversé leur cohorte du troisième âge. Plusieurs tours de l'affreuse ville périphérique sans trouver de parking, nous abandonnons...
La route littorale vers Dubrovenik est un régal.





Après un court passage en Bosnie sur ses 27 km de littoral, nous entrons à nouveau en Croatie.
La montée au Fort Impérial 380 m au-dessus de la ville est sportive mais c'est ici sans doute la meilleure vue sur Dubrovenik.




C'est aussi le lieu symbole de la résistance croate pendant l'attaque de la ville en 1991.

Demain, de bonne heure, nous descendrons tenter la visite de la cité dont la surfréquentation touristique pose tant de problèmes à ses autorités. Car le fléau du tourisme moderne c'est sans doute ça






samedi 4 mai 2019

Croatie / Istrie


04/05/19

Saisissant contraste en entrant en Croatie par la côte Ouest de l'Istrie après la paisible Slovénie, si attentive à un cadre de vie nature.

Oui c'est la Croatie...
Le Pays, qui a pour objectif économique de doubler la part du revenu touristique de son PIB, semble se laisser aller à un développement anarchique et mercantile des activités littorales du coin. Truffée d'hébergements de plein air populaires et de villages club, sa grande façade maritime semble ici, être devenue la plage d'une Europe de l'Est en manque du balnéaire.
L'agression visuelle est partout, du placard publicitaire au triste urbanisme. Le petit commerce du "niamaniama", la babiole à touriste, le savon parfumé...semble avoir de beaux jours à l'approche de la saison estivale dans les cités historiques aux allures vénitiennes.







Rues étroites pleine de vie, marinas, boutiques, restaurants bars, attirent le badaud et font le must des opérateurs autocaristes certainement plus que les ruines romaines enfouies.




Mais patience, Pâques vient à peine de passer qu'on enchaîne ici avec 2 jours fériés nationaux pour le 1 mai... Et puis le littorale s'arrange sur sa côte Est, bien avant d'atteindre le golf de Kvarner.


Opatija, l'ex-Riviera de l'empire austro-hongrois, a sans doute souffert de la période yougoslave mais ce "petit Monaco"reste la villégiature préférée du troisième âge fortuné. Hélas, si nous correspondons bien à la tranche d'âge, le vagabond à roulotte lui ne semble pas des plus attendus. Pas moyen de s'y arrêter, tant pis pour eux, nous ne nous établirons pas ici à la retraite !... Roule ma poule ! 
En Croatie comme ailleurs, nous trouvons chaque soir de somptueux bivouac et il est complètement faux de dire qu'il est impossible de s'arrêter et de ne pas se soumettre à une réglementation. Elle est faite comme partout, pour éviter la gêne où tout le monde veut s'agglomérer....
Attirés par une énigme géologique, nous atteignions le parc national de Risnjak à plus de 1000 m d'altitude. Ambiance alpine, lacs de montagne, très beaux arbres, loups, lynx, ours. Bon, pour nous ce sera déjà bien avec chevreuils, salamandres, rapaces.


Ici depuis 80 ans les spéléos se succèdent pour tenter de percer l'énigme de la source de la rivière Kupa de type Vauclusienne. Sur une sentier de 1,5 km nous descendons à 16% dans une superbe forêt de hêtres et de conifères. Au fond de l'effondrement karstique, 250 m plus bas, nous découvrons ce petit lac magique aux magnifiques eaux turquoises qui alimente à 1200 l/s la rivière.




Une eau à 7° remonte de la terre par ses 2 cratères verticaux où se sont succédées plusieurs explorations. En 2008 la dernière équipe a pu atteindre la côte – 154 m de la surface mais l’énigme reste entière.
La pluie revient et nous pousse à redescendre sur le littorale adriatique plus au Sud. Le vrai visage de la Croatie attendu ne tarde pas à se montrer.







lundi 29 avril 2019

Karst


27/04/19


Avant d'atteindre le littoral slovène, encore probablement pris d'assaut par les italiens en week-end prolongé, nous découvrons le plateau du Karst qui regorge de trésors. Ainsi sa géologie sédimentaire, où les cours d'eau se sont évertués à créer un monde souterrain dans le calcaire depuis des millions d'années, mais aussi un riche patrimoine historique.
Un lieu incontournable en Slovénie associe les 2 à Predjama, sur la ligne de partage des eaux mer Noire/mer Adriatique. 


La visite de la fortification naturelle et inexpugnable de son château nous emmène dans un voyage dans le temps où l'on concède au souci de la sécurité féodale de plus en plus de confort relatif au fil des siècles.

Le lac intermittent de Cerknica, lui, laisse l'observateur perplexe en apparaissant et disparaissant avec les saisons depuis la nuit des temps. La plaine qui le forme est située au dessus d'une grotte karstique effondrée où gouffres et siphons ne parviennent plus à assurer l'écoulement souterrain en saison pluvieuse. Une trentaine de km²passent sous les eaux tous les ans, parfois en une journée ! Biotope exceptionnel !


A Skocjan, c'est carrément "Voyage au centre de la terre" avec ses dolines effondrées et son incroyable réseau souterrain de grottes karstiques creusé par la rivière Reka qui, en crue, peut monter de 60 m dans des salles monumentales et spectaculaires. Parfaits aménagements et organisation de l'accès au public.





A Lipica, nous passons une belle journée de sérénité avec les chevaux du haras national. Ici, en 1580 le croisement du cheval andalou avec le cheval de trait local de la région du Karst, crée le cheval Lipizzan pour l'Ecole espagnole de Vienne. Plus tard, l'apport de sang arabe lui donnera sa célèbre robe grise presque blanche. Lorsque le haras rouvrit après la guerre, seuls 11 chevaux rescapés regagnèrent Lipica. Aujourd'hui, sur un domaine de 500 hectares, 6 étalons et des centaines de poulinières assurent la descendance au sein d'un magnifique élevage moderne. Un mélange de respect et d'harmonie donne aux lieux un sentiment de pureté.





De courtes distances dans la région du Karst mais souvent par de magnifiques pistes forestières où nous croisons furtivement des chevreuils. Les ours dont on nous met partout en garde, sont plus difficiles à apercevoir.

Le minuscule littoral slovène de 47 km ne nous attire pas plus que ça, alors pour prolonger notre séjour dans cette belle nature, nous nous mettons en quête d'une bonne table pour goûter les produits du Karst et le vignoble de la vallée du Vipara. Il pleut, il fait froid, c'est dimanche, jour de fête nationale et c'est tout à fait par hasard que nous poussons la porte de la seule gostilna (auberge) ouverte dans le coin ! Un coup de chance inouï ! Une table remarquable pleine de recherche, de création, de finesse et de saveur ! Un vrai bonheur, c'est à Komen et ça s'appel Spacapanova hisa. C'est une conclusion tout à fait à la hauteur de notre très agréable passage en Slovénie , un pays qui semble avoir mit la qualité de l'environnement et l'écologie en moteurs principaux de son développement


mardi 23 avril 2019

Slovénie


23 avril 2019

Michel et Hélène étant de retour de leur trip de 4 mois en Australie, nous mettons Chens/Leman sur notre route. Leur voyage, leurs projets, leurs prochaines destinations, celles d'Alain et Sylviane aussi sont au cœur de nos échanges entre- coupés des activités potagères d'Hélène et des conséquences de notre vidange involontaire sur la route. (Merci à l'incompétence d'un Euromaster montilien ...)
Week end de Pâques oblige, Suisses et Italiens sont sur la route. Alors c'est encore par le Simplon, moins encombré, que nous choisissons de traverser les Alpes encore bien enneigées à partir de 1300 m


 jusqu'au lac d'Iséo pour une première nuit. Bien au Nord de la vallée du Po, cette traversée entre Milan et Trévise sans grand intérêt, nous conduit le soir même aux contreforts des Alpes Juliennes, dans la vallée de la Soca en Slovénie.


C'est le grand renouveau printanier de la nature dans ces montagnes. Le ton nous est donné dès le premier soir à la rencontre des panneaux interdisant le bivouac sur des sites enchanteurs communément recherchés par le camping cariste gré- guerre et souvent sans scrupule, nous comprenons qu'il va falloir faire preuve d'un peu plus d'imagination, en se fiant davantage à la configuration cartographique des sites moins accessibles, plus en hauteurs, plutôt que les "bons plans" faciles et sans doute déjà éculés de Park4night.

Le soleil devant nous quitter demain, nous en profitons pour une marche sur le sentier historique de Kobarid. Le village décrit par Hemingway dans "L'Adieu aux Armes" sous le nom de Coporetto pendant la guerre opposant l'Italie à l'empire Austro-hongrois en 1915, surplombe les magnifiques gorges de la Soca.

 Nous ponctuons cette journée par la visite du musée du carnage, triste reliquaire des atrocités que nous avions déjà approchées dans la "guerre enterrée" des Dolomites à notre tour de l'Italie.
Tranchée italienne dans la montagne

Ossuaire de milliers de soldats

Une magnifique forêt de moyenne montagne couvre presque toute la distance qui nous conduit à Ljubljana sous la pluie. 

Ça aurait pu être ça, mais c'était plutôt comme ça....


La grisaille rajoute à l'austérité de la capitale et son architecture art nouveau ou "sécessionniste viennois" ne va sans doute pas nous retenir bien longtemps pour nous aider à passer cet épisode humide et gris




mercredi 10 avril 2019

Projet Balkans 2019

Pour cette quatrième virée européenne, après l'Italie, deux fois l'Espagne, le Portugal et la Grèce, c'est encore vers le Sud que nous choisissons encore de nous diriger, vers la partie Est de la Grèce où nous ne sommes pas allés, peut être jusqu'à la Turquie ...

Très grossièrement l'itinéraire que nous nous proposons de faire ce printemps



Source "La documentation française"

"Définir la région des Balkans, partie intégrante de l'Europe sur le plan géographique, mais souvent perçue, culturellement et politiquement, comme quasi exclusivement dotée de caractéristiques négatives par opposition aux images positives de « l'Europe » et de « l'Ouest », est un exercice auquel géographes, ethnologues, historiens, sociologues, linguistes et politologues se livrent sans toutefois parvenir à s'entendre. 

A la fois périphérie et pont entre l'Europe et l'Asie, « région de transit » et « zone de rencontres » entre peuples et cultures, où participent à part égale l'Occident et l'Orient, les Balkans sont une constellation spatiale changeante où les frontières ressemblent parfois à des fictions passagères, produits de rapports historiques toujours remis en question."