jeudi 11 août 2016

Les Maritimes

11/08/2016

Ce sont des retrouvailles toutes en douceur avec l'Atlantique particulièrement calme à cette saison. Ici ce n'est plus tout à fait le Bois et c'est déjà l'Océan.


Les estuaires et les découpes des basses côtes créent sans arrêt cette complicité entre deux univers. Le continent, dans son littoral qui hésite à finir avec ses bois, ses pelouses et ses marécages et l'océan qui insiste au rythme des marées pour reprendre l’estran de ses vasières, ses plages et rivages. Les entrées maritimes sont profondes dans la lande, deux fois par jour revient le compromis entre ces 2 mondes dans de grandes amplitudes.





La Baie du Saint Laurent connaît les plus grands marnages au monde comme dans la Baie de Fundy qui sépare le New Brinswick de la Nlle Ecosse.
La Terre acadienne est en effervescence au mois d'août, villages, maisons et commerces se pavoisent de tricolore et de l'Etoile.




Ici on arbore avec fierté son appartenance. Faut dire qu'on peut avoir de quoi être fier; au bivouac d'hier, dans un québecois savoureux, un chasseur d'orignal (que la femme a envoyé cueillir des myrtilles en attendant octobre) nous disait combien les richesses naturelles abondent ici :T'as tout pour rien !T'as qu'a ramasser !
La terre généreuse produit ses richesses à l'état naturel, la forêt regorge d'animaux...(et de chasseurs...bien sûr)
Les bateaux des pêcheries travaillent dans une organisation très américaine avec un armement incroyable : caseyeur, ceneur, chalutier, ligneurs se concentrent dans de nombreux petits ports modernes.





Chaque village revendique être «La» capitale du homard. Voilà, c'est annoncé pour demain : départ officiel des bateaux à 4h pour la pose de leur 300 casiers chacun.
Les migrants du 19e ne s'y sont pas trompés en mettant leur savoir faire et leur courage au service de ces provinces avant que les résultats de leur réussite économique avivent la convoitise des britanniques et les souffrances qui ont soudé les acadiens. Pas de conquête sanglantes au Canada, le troc semble avoir été l'arme absolue pour apprendre tout du Grand Nord par les indiens.
Pays des lumières ?



Au mois d'août, l'été et son festival acadien met en scène des comédiens plus ou moins talentueux pour faire revivre l’autarcie rurale des courageuses familles qui vinrent peupler l'Acadie, comme au village historique de Caraquet

maison acadienne

l'art du bardeau



ou au Pays de la Sagouine quand la gouaille des gens du peuple de l' Île aux Puces nous raconte les moments difficiles du 20e siècle.





Saluons Antonine Maillet (Pélagie la Charrette, Goncourt 70) qui à 86 ans en est toujours la mémoire vivante en y créant les succulents propos des comédiens plus vrais que nature.
Et puis voilà la Nouvelle Écosse, le dernier état de notre voyage que nous sillonnons jusqu'au Cap Breton.


Ambiance très british, jolis cottages avec vue sur mer, passe temps favori : le gazon impeccable qui les entoure.
Ici le temps semble suspendu dans la douceur du paysage.



samedi 6 août 2016

Québec : «Je me souviens...»

06/08/2016

En reprenant cette devise nationale qui entretient les québécois dans le souvenir de leurs origines, nous retrouvons ici beaucoup de notre culture portée par la francophonie du pays. Comme un agréable prémisse au retour, le terme de notre virée aux Amériques n'est plus loin. 
Avant de gagner la Nouvelle Écosse où nous embarquons la Babouch' dans 15 jours à Halifax pour son voyage transatlantique de retour, nous montons au Lac Saint Jean par la "Route des Rivières"



avec ses ponts couverts 
(hélas je ne suis pas en reportage pour le National Géographic...)




Belle balade dans les Laurentides pour retrouver les galeries d'art et les foules estivales à Baie Saint Paul.



Nous peaufinons notre sensation "marée humaine" aux chutes de Montmorency.


Prêts pour la halte à Québec City...
Si le château Frontenac y a toujours la même importance,



Je ne reconnais plus grand chose de cette belle citée. Sans son manteau neigeux je découvre les magnifiques toitures métalliques et les eaux libres du St Laurent.






Nous abandonnons les projets de Grand Nord,. Le Labrador, et la Manicouagan chantée par Félix Leclerc et Gilles Vigneau. C'est trop loin. Alors nous descendons le fleuve Saint Laurent sur la rive nord de Gaspésie.


D'abord sans grand intérêt, la route 132 bordée de maisonnettes en bois plantées au milieu de leur carré de gazon, devient plus pittoresque en Haute Gaspésie sous l'influence de l'Atlantique Nord.






Les températures estivales y créent un brouillard côtier dont nous parvenons à nous défaire qu'en allant nous perdre dans les montagnes de l'intérieur. Plus personne ne semble vivre ici dans les bois à orignaux, le bivouac idéal !
Là, la chaîne des Appalaches, avec son sous sol riche en minerais, vient ici finir sous la mer. Alors à Murdochville nous descendons à la mine.


Les maisons acadiennes autour de Bonaventure sont pleines de charmes. D'avantage tournées vers la mer, elles nous rendent l’accès au littorale plus difficile.



Issues à l'origine du savoir faire des pionniers fuyant leur terre d'origine, Poitou, Charente, Berry, elles ont subi les influences architecturales anglaises puis américaines pour devenir les résidences secondaires chics d'aujourd'hui en conservant parfois les matériaux traditionnels, bois et bardeaux.





Le musée de l'Acadie nous imprègne du Grand Dérangement au travers l'histoire de la déportation de ces courageux migrants.


Aujourd'hui encore le drapeau acadien arbore les couleurs françaises frappées de l'étoile jaune de Marie


De l'autre côté de la Baie des Chaleurs c'est le Nouveau Brunswick que nous traversons pour gagner Prince Edward Island par le «dispendieux» pont de la Confédération



samedi 30 juillet 2016

Grands lacs & Saint Laurent

30/07/2016


En touchant Thunder Bay sur le Lac Supérior nous mettons un terme à cette longue trans-continentale.


Un des premiers ports céréaliers au monde mais la route des échanges commerciaux avait été ouverte il y a plus de 200 ans par des européens en quête de fortunes diverses. Depuis l'Atlantique Nord et le Labrador la remontée du Saint Laurent ouvrait déjà la porte sur la région des Grands Lacs. La Compagnie de la Baie d'Hudson et la Compagnie du Nord Ouest y rivalisent pour l'installation de comptoirs basés sur le troc et l'échange avec les peuples indigènes comme ici à Fort William.



En Europe la fourrure est un luxe rare qui fait d'énormes profit; pendant ce temps les indiens eux, découvrent tous ces merveilleux biens de consommation courante comme l'outillage, la couverture tissée, les pièges, fusils, munition... Alcool, variole et autres maladies ne tarderont pas à suivre...
Devant cette manne, indiens et trappeurs font une hécatombe incroyable chez les bébêtes en tout genre pour parer ces dames d'ornements exotiques à poilus.
Ainsi naquit la nation canadienne.




La reconstitution des lieux est magnifique à Fort William et les ateliers travaillent avec matériaux, outillage et technique du 19e.





Si le patrimoine historique n'existe presque nulle part, reconnaissons le talent nord américain pour le décor, la reconstitution, l'imitation plus vrai que nature ! L'animation de ce parc thématique avec des dizaines de gens en costume, semble un peu endormie, mais nous sommes lundi et le yenyen des rivières fait rage sur les peaux de chacun !


Le contournement des Grands Lacs offre encore quelques belles images mais le trafic s'alourdit de plus en plus au nord du Lac Erie en approchant de Toronto ou le long du Lac Ontario. Bien sûr le détour jusqu'à Niagara Falls avec bain de foule est inévitable.




La nature a donné aux hommes, là encore, l'inspiration mercantile pour transformer la ville de Niagara et sa région en gigantesque business. Face aux chutes les complexes hôteliers, casinos, boutiques et loisirs en tout genre s'éclatent dans un espèce de Las Vegas des Grands Lacs.


Mais là l'eau ne manque pas, 1 million de baignoires à la seconde dit-on !
Décidément il semble que notre périple américain s’essouffle, peut être souffre-t-il de l'absence du positivisme de Liliane ? Peut être a-t-il trop duré ? Peut être cette partie du Canada complètement organisée, aseptisée, équipée et plus américaine que tout ce que nous avons traversé, n'est plus du tout adaptée à ce type de nomadisme et de voyage ? Yukon et British Colombia nous semblent bien loin ! Le soir venu, ce sont maintenant des galères épouvantables pendant des heures pour trouver un pauvre endroit de bivouac de plaine, entre deux rangs de maïs transgénique, à peine à l'écart des petites résidences de cinéma proprettes qui bordent tous les chemins et des foules autoroutières. La campagne est à la ville ou le contraire peut être ?