mardi 7 janvier 2014

PATAGONIE/Tierra del Fuego



06/01/2014
Et bien non, si la nuit a été tranquille, le matin a été sur les chapeaux de roues avec pliage en catastrophe quand le vent est monté très fort en 3 mn. Ca donnait le ton de la journée dans laquelle nous allions passer 4 frontières et parcourir environ 350 km de route et de piste. D’abord bol d’air pendant une halte dans un lac de cratère avant de quitter l’Argentine pour entrer au Chili et les plaisirs des formalités douanières, puis le bac pour la traversée du Détroit de Magellan. Moment historique pour nous ! Tant de lectures et d’histoires sur le célèbre Détroit. La mer ici est un peu comme dans une machine à laver mais le bac est imposant et cette traversée ne dure qu’une demi-heure.
Cette fois nous sommes bien en Terre de feu. Le premier village au Chili, Sombrero n’est pas particulièrement accueillant. Plus loin, les routes en ciment sont en construction, la piste est dure le paysage vallonné au départ redevient vite monotone. Et de nouveau le cirque des frontières et une volée de tampons pour entrer à nouveau en Argentine. En arrivant tard à Rio Grande, on retrouve une belle et grande ville plus accueillante mais c’est dans la cour de la Prefectura Navale qu’on nous offre gentiment de passer la nuit abritée derrière un hangar. En Amérique du Sud les routes sont enfermées dans des clôtures à 50 m de chaque côté, sans doute pour éviter la divagation des animaux, moutons, guanacos ou autres nandous. Il faut passer une clôture pour sortir de la route sans jamais savoir si on entre chez quelqu’un dans une estancia. Certaines font plus de 400 km2 …
Ensuite tout change à partir de Tolhuin au bord du lac Fuguano avec des montagnes enneigées, d’immenses forêts. Pour faire une comparaison c’est un peu la Margeride puis le Mont Lozère et on arrive presque en Savoie à hauteur de la mer et le col Garibaldi à 5 ou 600 m d’altitude. Il n’y a plus qu’à se laisser descendre sur Ushuaia et c’est la « Fin du Monde ».







ARGENTINE/Du vent....encore du vent



04/01/2014
San Joulian
Journée de pose et de « bulle » sur une plage du Circuito Costero. Nous sommes à une journée de la frontière chilienne pour passer en Terre de Feu et nous profitons d’un bel ensoleillement avec un vent relativement modéré pour souffler un peu.  Liliane est dans les lectures de préparation à la suite du voyage, Alain s’essaye à la pêche, la seule illusion de prendre quelque chose devra suffire et  passer un moment agréable avec les oiseaux qui eux ne se contentent pas d’illusion. De grosses bêtes croisent tout près, éléphants ou lions de mer ? Une lobéria est toute proche à côté mais difficilement accessible de prêt, les falaises s’écroulent et à la marée haute les animaux sont davantage dans l’eau. Impressionnant marnage ici de plus de 12m que l’on découvre plus tard en baladant sur l’estran.
Hier à San Julian coup d’œil aux principaux monuments kitchs à souhait de différentes commémorations historiques, celui de la guerre des Malouines (sorte d’avion rafale planté devant la liste des disparues) celui de la découverte des lieux par Magellan en 1545 (reconstitution d’une caravelle musée) et une énorme croix marquant le lieu de la première messe catholique célébrée en Amérique du Sud au 16e siècle. Nous sommes ici dans le berceau légendaire du mythe de la Patagonie.
En reprenant notre route le lendemain, longue journée dans le désert à rouler sans intérêt vers la frontière. Le vent semble être tombé ce soir encore, espérons que ça tienne pour la nuit car à part cette énorme  épave de voilier marchand du siècle dernier, absolument rien pour nous abriter. Alors comme nous ne pouvons pas photographier ce vent là, les photos vont suivre plus tard qd nous serons à Ushuaïa dans 1 ou 2 jours....








vendredi 3 janvier 2014

ARGENTINE/Vous avez dit minéral ?



02/01/2014
Comodoro Rivadavia
Difficile d’imaginer qu’il y a 3 jours nous étions encore au chaud ! Où sont les 40° de Buenos Aires ?
Ce matin 8° + vent patagonien très fort. Le chauffage tourne dans Lababouch’. Hier en traversant une région particulièrement vide, plate et désolée vers Sarmiento et le lac Musters à la limite de la province de Santa Cruz, nous avons ramassé plusieurs orages de grêle sous lesquels la t° ne dépassait pas les 5°. Est-ce un été pourri ou une météo normale de la saison ici ? On ne peut pas descendre en latitude et garder la chaleur avec nous.
Cette route en région de moyenne montagne (500m) exploitée intensivement par des centaines de puits et stations de pompage de pétrole, n’a pas beaucoup d’intérêt, partout derricks et pompes à balancier en action sont la seule animation de ce désert. Nous faisons ce grand crochet ouest pour venir dans un paysage grandiose de désolation avec des pétrifications d’arbres énormes. Couchés et recouverts de cendre par l’irruption d’un volcan il y a quelques 600 M d’années ils ne sont maintenant que silice. L’absence de végétation, les différentes couches de sédimentation, les couleurs et l’érosion forment La Vallée de la Lune qui mérite bien son nom mais manque un peu de verdure pour Liliane.
La route atlantique vers la Terre de Feu est longue, assez vide et monotone, alors nous la quittons au moindre intérêt local. Ushuaia est encore à 1400 km, la tentation de prendre la mythique A 40 plus à l’Ouest vers Perito Moreno est grande mais elle sera aussi partiellement notre itinéraire avec le Chili en remontant alors continuons sur cette ruta 3 à l’Est avec quelques colonies de Pingouins sur l’Atlantique à venir. Désolé pour les photos, le soleil manque un peu !








mercredi 1 janvier 2014

ARGENTINE/Cabo Raso et Punto Los Bahias



31/12/2013
Cabo Raso et Los Bahias
Voici plusieurs jours que nous avons quitté la Pampa de la Côte Atlantique et que nous sommes entrés en Patagonie mais c’est seulement depuis hier que nous avons enfin vraiment le sentiment d’avancer dans cette grande région du monde semi-désertique au relief souvent inexistant ou au contraire ici plus vallonnée au bord des golfs bleu profond fréquentés que par quelques lièvres, guanacos et beaucoup de manchots de Magellan (c’est là le plus grand site de nidification d’Amérique du Sud avec 500 000 manchots à Punta Tombo) La Patagonie ! Sa seule évocation fait rêver et on ne peut s’empêcher d’y attacher les mots de nature vierge, d’immensité, de sauvage… Seulement jusque-là elle nous était présentée d’une manière bien plus humaine au sens péjoratif du mot et avec toutes ses déviances. En vertu d’une nouvelle réglementation, on ne peut plus se rendre sur beaucoup des meilleurs sites comme à la rookerie de  Punto Tombo qu’avec un garde qui dit quoi, comment et où observer. C’est bien mais ça retire une part de découverte au voyageur. Peut-être une protection devenue nécessaire à cause du nombre de visiteurs mais  les lieux intéressants étant souvent aussi privés, c’est l’estancia qui semble en faire l’exploitation avec horaires, droits d’entrée, gardes, navettes organisés, maison d’interprétation du paysage … Là aussi on commence à nous vendre une découverte « planifiée, prédigérée, interprétée » Le touriste moderne est-il assez con pour avoir à devoir lui mâcher son plaisir, assez stupide pour ne rien comprendre, assez idiot pour ne rien respecter, assez nombreux pour ne pas en profiter ? Rien de tout cela ici à Cabo Raso désolé et magnifique. Le grand vent patagonien nous a imposé cette nuit de dormir « en bas » en refermant le toit car Lababouch’ était un peu secouée dans les rafales et ce matin on prend un grand bol d’air sur le littorale dont la virginité veut bien nous donner le sentiment d’être ses « premiers visiteurs au monde ». Après un détour dans une ancienne colonie Galloise près de Trelew le long d'un rio très cultivé, un thé dans un lieu surprenant où Lady Diana nous aurait précédée ...Nous reprenons les route et quelques 200km de piste devenue un peu boueuse par une pluie d’orage qui transforme lababouch' en tas de boue, on découvre Cabo de Los Bahias et une autre rookerie dans laquelle on déambule parmi les manchots et leur petits pendant plus d’une heure. Leur navette de la mer au nid dans la terre est un véritable spectacle. Avec eux les guanacos, les maras (ou lièvre de Patagonie), pétrels et cormorans géants, canards vapeur circulent en toute tranquillité. La t° baisse après l’orage et avec le vent on repasse en dessous 20°, faut-il de nouveau ranger les shorts ? On retourne à Camarones pour passer la nuit dans un campement et nous faire un plat de crevettes évidement pour le réveillon ! (camarones=crevettes)

BONNE ANNEE A VOUS TOUS ET MERCI D’ETRE TOUJOURS LA A NOUS LIRE