06/01/2014
Et bien non, si la nuit a été tranquille, le matin a été
sur les chapeaux de roues avec pliage en catastrophe quand le vent est monté
très fort en 3 mn. Ca donnait le ton de la journée dans laquelle nous allions
passer 4 frontières et parcourir environ 350 km de route et de piste. D’abord
bol d’air pendant une halte dans un lac de cratère avant de quitter l’Argentine
pour entrer au Chili et les plaisirs des formalités douanières, puis le bac
pour la traversée du Détroit de Magellan. Moment historique pour nous !
Tant de lectures et d’histoires sur le célèbre Détroit. La mer ici est un peu
comme dans une machine à laver mais le bac est imposant et cette traversée ne
dure qu’une demi-heure.
Cette fois nous sommes bien en Terre de feu. Le premier
village au Chili, Sombrero n’est pas particulièrement accueillant. Plus loin,
les routes en ciment sont en construction, la piste est dure le paysage
vallonné au départ redevient vite monotone. Et de nouveau le cirque des
frontières et une volée de tampons pour entrer à nouveau en Argentine. En
arrivant tard à Rio Grande, on retrouve une belle et grande ville plus
accueillante mais c’est dans la cour de la Prefectura Navale qu’on nous offre
gentiment de passer la nuit abritée derrière un hangar. En Amérique du Sud les
routes sont enfermées dans des clôtures à 50 m de chaque côté, sans doute pour
éviter la divagation des animaux, moutons, guanacos ou autres nandous. Il faut
passer une clôture pour sortir de la route sans jamais savoir si on entre chez
quelqu’un dans une estancia. Certaines font plus de 400 km2 …
Ensuite tout change à partir de Tolhuin au bord du lac
Fuguano avec des montagnes enneigées, d’immenses forêts. Pour faire une
comparaison c’est un peu la Margeride puis le Mont Lozère et on arrive presque
en Savoie à hauteur de la mer et le col Garibaldi à 5 ou 600 m d’altitude. Il
n’y a plus qu’à se laisser descendre sur Ushuaia et c’est la « Fin du
Monde ».