lundi 25 juillet 2016

Avenue des glaciers

20/07/2016

Après celle des volcans d’Équateur, celle de la fantaisie humaine avec le Strip de Las Vegas, celle des géants avec les séquoias millénaires du Yosémite, voici celle des glaciers dans les Rocheuses canadiennes et le parc de Banff.
Wilson Icefield avec le gigantesque Colombia qui recule comme tous les autres que je ne sais pas nommer en laissant des moraines de deuil. Faut dire que la météo n'est pas au rendez vous...
Ah, Vivant Perito Moreno où êtes vous ?












Les superlatifs nous manquent encore sur la route 93 et si nous ne sommes pas prêts aux courses d'altitude les paysages sont quand même époustouflants depuis Jasper avec quelques balades à fond...












Bien sûr le Lac Louise est une étape obligée et comme c'est aujourd'hui l'anniversaire de Françoise,



il fallait bien mettre les petits plats dans les grands en conviant quelques personnes


dans une modeste demeure de charme parfaitement intégrée dans le paysage


Même la marmotte du coin ne s'en remet pas


Le wapiti digère un repas de circonstance


Le buffalo fait la gueule


Pour la chèvre, y'a pas de mêêêêê, ça fait quand même un an de plus ! ... et toc !


D'absents, il y a bien que le père carajou et la famille linx, ça tombe bien nous ne les avons pas invités comme vous pouvez vous en rendre compte.



Faut dire que le cadre de Lac Louise était de circonstance, changeant plus vite que les années qui passent



mais romantique à souhait


Si il y a 3 jours, à Datson Creek, nous avons cherché notre route à Sign's Forest





 nous savons maintenant, le matin c'est tout droit vers le soleil levant, le lendemain pareil, le sur-lendemain encore...et ça pendant 2 ou 3000 km. 

Malheureusement paraît-il, ça ne sera pas tout le temps comme quand nous avons mis le coup de volant à gauche vers l'Est en sortant de Banff pour Calgary





24/07/16
Transcanadienne...c'est long....

Depuis 3 jours, la monotonie des paysages de la Transcanadienne est récurrente ! 
Alberta, Saskatchewan et Manitoba étalent d'Ouest en Est des étendues agricoles plates sur plus de 2000 km le long de la frontière américaine avec de temps en temps des puits de pétrole et des gros bourgs de cultivateurs sans intérêt. 
De Calgary à Winnipeg ça ne vaut vraiment pas quelques lignes, mais ces 4 jours au volant ne sont déjà plus qu'un mauvais souvenir


Tout s'arrange  en entrant dans l' Ontario, nous retrouvons la forêt, les lacs et les rivières aux abords du Lac Supérior à Thunder Bay, Le Canada quoi !


mardi 19 juillet 2016

Alaska terre providence

19 juillet 2016


La piste est excellente et nous permet de faire une moyenne quotidienne entre 4 et 600 km. Le tourisme n'est plus trop de mise sur cet interminable saignée dans la forêt de pins d'Alaska avec quand même quelques rencontres inattendues.


Notre route au SE s'étire lentement sur la carte de l'écran GPS entre les lacs ou en dessinant des courbes que suivent les méandres des rivières.


D'entre elles la Yukon River est certainement une des plus belles et tellement chargée d'histoire.




Aujourd'hui elle s'offre partout à la contemplation et a perdu toute activité économique, elle n'est plus l'unique voie de pénétration au cœur de l'Alaska et du Yukon depuis 60 ans quand les gigantesques constructions routières ont commencé à apparaître.



Depuis Whitehorse dans l'état du Yukon jusqu'à l’extrême ouest de l'Alaska ou elle se jette dans la mer de Béring, elle offrait plus de 2000 km de voies navigables au prix de périlleux efforts et par la volonté d'entrepreneurs déterminés dans leur conquêtes les plus audacieuses. Le souvenir de l'aventure entretenue ici me donne envie de parler de ces temps héroïques de la navigation sur le cours supérieur du Yukon.
Les premiers vapeurs à roue à aubes arrière y ont fait leur apparition en 1860.



Pendant plus d'un siècle, leur fond plat à faible tirant d'eau (1m) permettait de charger près de 300t de fret pour approvisionner les placers miniers ou redescendre les sacs de minerais argentifère vers le Sud. Le train les acheminait ensuite vers le port de Skagway pour y être embarqués. Les prospecteurs les plus argentés gagnaient le Nord et la prometteuse région du Klondike à bord d'un de ces bateaux, quand d'autres s'épuisaient à atteler tout et n'importe quoi (même des chèvres) pour passer la White Pass avec leur matériel et se ruer vers des filons plus ou moins fabriqués par la rumeur. Très peu ont trouvé et ceux qui ont fait fortune avivent encore les mémoires locales. Plus tard la reconversion de ces bateaux les feront vivre encore quelques années du tourisme de croisière.
Les énormes chaudières avant avalaient jusqu'à 100 cordes de bois en 5 jours de navigation entre Whitehorse et Dawson City créant ainsi une grosse activité de bûcheronnage dévastatrice partout sur les rives qui alignaient des kilomètres de bûche.





Au passage des rapides, comme Five Fingers, des équipes de lamaneurs installaient des câbles qui, tournés aux cabestans du navire, aidaient au déhalage dans les passes étroites et aux courants monstrueux avec l'énergie des 23 membres d'équipage . Sur les bancs de sables sans cesse changeant, on se tirait de l'échouage en portant à terre des câbles d'acier. Puis l'enfoncement verticale de 2 longues béquilles latérales le long des bordages, provoquaient des sauts répétés en levant sporadiquement le navire pour lui donner de l'eau sous la coque.
La navigation étant possible que 7 mois/an, pendant les mois d'hiver, les bateaux étaient tirés à sec sur les berges pour réparation par des armées de charpentiers. Des équipes spécialisées arrivaient donc 2 fois/an à Whitehorse pour assurer les opérations de radoub. En octobre, les rives s'animaient dans le brouhaha des hommes et des chevaux pour actionner d'énormes cabestans qui tiraient des dizaines de navires au sec parallèlement au cours de la rivière sur des rails et glissières en bois et des tonnes de savon de Marseille, un exercice de précision et de patience. Au printemps, on accélérait la débâcle des glaces en enflammant des lignes d'huile sur la glace pour pouvoir procéder à la mise à l'eau et reprendre le lucratif transport.


Si des villes de pionniers comme Dawson comptaient jusqu'à 40 000 habitants et une multitude de corporations, aujourd'hui, elle s'éveille à peine les mois d'été et ses quelques centaines d'habitants animent toujours les commerces restés dans leur jus le long des rues poussiéreuses en terre bordées de trottoirs en bois.






Comme à Chicken Creek l'orpaillage reprend fébrilement par endroit à coup de pelleteuse devant la montée des cours du précieux métal mais les monumentales dragues en bois à godets ne soufflent plus leur vapeur sur les rivières,


On ne parle plus de fièvre et plus rien ne génère la férocité et l'acharnement au dure travail de l'époque avec son lot d'aventures qui me laissent toujours la même impression d'être né 1 siècle trop tard. Plus au nord c'est le pétrole qui déplace des cohortes de camions et d'engins.


Nous laissons l'Alaska avec son faible réseau routier qui concentre les juillettistes et leur obsession saumonière. Puis nous avalons à nouveau l'état du Yukon et la British Colombia pour entrer en Alberta, un peu comme si nous tombions directement dans l'exploitation énergétique à tout prix du 21 e siècle. Gaz, pétrole et charbon y sont extraits partout du sous sol.

Aux abords des Rocheuses les parcs Jasper et Banff vont enfin nous tirer les fesses de derrière le guidon

jeudi 14 juillet 2016

Cercle polaire

15/07/2016

Cette grande rivière d'Alaska, la Cooper, n'est pas particulièrement belle et comme elle se forme à la base de tous les glaciers de la région, elle est très limoneuse
mais le détour jusqu'à
sa confluence avec la Chitina, nous rend curieux... toujours pour la même fièvre autour du saumon. Dans les eaux glacières grises chargées de limons, chacun s'en donne à cœur joie pour attraper les poissons, car on ne peut plus vraiment parler de pêche. Au grappin, à l'épuisette géante, au filet bricolé ou à la machine à pêcher tout les systèmes sont bon pour remplir la glacière familiale.



Ces machines, (pas très visibles sur la photo) sont faites de 2 longs flotteurs qui supportent une aube à 4 pales : 2 créent le mouvement de rotation perpétuelle dans le courant de la rivière et 2 autres, en forme de panier, attrapent au hasard les poissons qui remontent inlassablement.


Nous retrouvons la Alaska highway, toujours bordée de lacs et de rivières et des épilobes qui poussent partout. La végétation baisse de plus en plus en gagnant dans le Nord dans un décor de hautes montagnes avec de nombreux glaciers jusqu'à Anchorage.



Un peu au Sud, la péninsule de Kenai, avec Seward et Homer, c'est un peu la côte d’Azur en été avec l'affluence «saumonesque». Là aussi, de gigantesques glaciers descendent jusqu'à la mer ou reculent à une vitesse impressionnante.





La météo est capricieuse, le moindre rayon de soleil rend les lieux incomparables mais je ne m'attendais pas au 31° en arrivant à Fairbanks plongé dans une torpeur estivale.
Le Mac Kinley ou Le Denali (Le Plus Grand) brille dans le matin sur la route de Fairbanks, c'est sans doute le seul intérêt de cette région


Les clichés ayant la vie dure, un peu de froid aurait mieux collé aux à priori que nous avions de l'Alaska même en été ! Mais c'est très bien ainsi, (tu as eu peur pour rien Lili)
65°N 148°W, nous sommes à quelques dizaines de km du cercle polaire, les journées ne finissent pas et ça donne ça à minuit !


Hier soir François m'a dit : «aller, on rentre...» 
Pour la première fois depuis 3 ans, nous prenons «le cap du retour» vers l'Est et nous abandonnons la piste de Prudhoe Bay vers la mer de Beaufort.pour en prendre une très bonne qui nous conduit à la frontière américaine à 1300m d'altitude et nous retrouvons la Yukon river à Dawson chargée d'un formidable passé  autour de la ruée vers l'or et des navigations vers ou depuis la mer de Bering